ISBN 13: 978-84-608-0938-8

Titre: Espagnols en Algérie. Mémoire d’un émigration

Auteur: Juan Ramón Roca (1958- )

Langue de publication: Français

Édition: 2ème édition Date Édition: 01/2008

Éditeur: IES LUIS GARCÍA BERLANGA

Description: 224 p. 15 x 21 cm.

Ilustrations: Noir et Blanc

    INTRODUCTION

Espagnols en Algérie. Mémoire d’une émigration

Reliure: Rustique Matière: Histoire Prix: 15,00 €

    On a beaucoup écrit à propos de l’émigration espagnole en Algérie française, même récemment.

    Certains considèrent ouvertement l’émigration en Algérie comme une expérience positive et enrichissante à tous points de vue, puisque ceux qui s´en allèrent améliorèrent leur qualité de vie, découvrirent d’autres cultures et d´autres coutumes, et se modernisèrent.

    Est-ce une preuve de modernité que des parents espagnols donnent naissance à des enfants français?

Il est vrai qu’après 132 ans de colonisation française, les Espagnols d’Algérie découvrirent d´autres cultures dont ils assimilèrent les coutumes, mais cette diversité les rendit aussi différents du Français de France et de l’Espagnol d’Espagne.

    Depuis toujours, l’histoire de l’émigration espagnole en Algérie a été omise. C’est aussi une histoire silencieuse.

    Parmi tous les auteurs, c’est sans doute Juan Bautista Vilar l’historien qui a le plus profondément développé le sujet. Son livre «Los españoles en la Argelia Francesa (1830-1914)» nous a servi de guide; il constitue le squelette autour duquel nous avons bâti cet ouvrage: «Espagnols en Algérie. Mémoire d’une émigration», dont le but est de mettre le phénomène de l’émigration-immigration à la portée de tous et pouvoir ainsi le démythifier.

    Je doute que ce sentiment fût partagé par les ressortissants de Mahon, Alicante, Murcie et Almeria que la misère obligea à abandonner foyer, village, patrie, et qui, accompagnés de leurs femmes et de leurs enfants, durent traverser une mer pour pénétrer dans un territoire inhospitalier, à la recherche d’un terrain à défricher ou d’un marécage à assécher, afin de le cultiver pour alimenter les leurs, et ceci au prix de leurs vies ou de celles de leurs proches, victimes du paludisme ou d’autres fièvres.

    Il est difficile de convaincre de ce fait une mère espagnole, sur le point d’accoucher, capable de s´embarquer pour l’Espagne pour ne pas se voir obligée à donner naissance à un étranger chez elle.

    Et quand ils se virent forcés à tout abandonner, ces Français d’Algérie, les pieds-noirs, ils devinrent en vérité des expatriés et non des rapatriés, comme on a toujours dit par erreur.

    Pendant 45 ans, les gens se sont tus pour ne pas souffrir, dans la ferme volonté de s’intégrer, de refaire leur vie, de travailler… Aujourd’hui quelques-uns osent se souvenir.

    C’est le moment d’écrire, cette fois avec l’appui des images (photos et documents familiaux), l’histoire qui nous appartient, celle des Espagnols en Algérie.

    Malheureusement, la disparition de la majeure partie des collections, due à la sortie précipitée du pays sans autre bagage qu’une petite valise, souvent vide, a réduit considérablement notre champ d’action.

    Néanmoins les petits fonds documentaires et photographiques conservés encore par certaines familles nous ont permis d’illustrer l’histoire de tout un collectif.

    Cette souffrance physique et psychologique les a marqués à vie.