Le Maroc espagnol

 

Un souk

Bournous de drap, manteaux kabyles de laine compacte, grands chapeaux de paille des montagnardes, haïks blancs qui enveloppent hermétiquement les citadines, brouhaha si particulier de la foule arabe, baiser et morsure du soleil africain qui emplit l’âme d’optimisme, odeur de légumes et de troupeaux, cris, discussions... lci de lourdes charges de charbon écrasant de minuscules bourricots indigènes; ailleurs des poules en grappes; plus loin des étalages de fruits improvisés sur des caisses, des tas de bois, des paniers d’oeufs... tout ce qui répond aux besoins de la vie indigène.

Tétouan

Ville de mosquées, de fontaines et de jasmins; on dirait un vol de blanches colombes qui, fatiguées, se sont posées cherchant le repos, sur le flanc verdoyant de la montagne.  Ses mosquées, au pur profil, se dressent, élancées, vers le ciel pour y chercher Dieu. Le muezzin lance son appel à la prière. C’est le crépuscule, l’heure de la rêverie. La brise porte le délicieux parfum des jasmins aux fleurs de neige fraîchement écloses.

En face des montagnes abruptes de l’Ajmás, elle se dresse hautaine, poing menaçant qui lance son défi aux tribus hostiles à ces maures andalous qui bâtirent leur ville dans ce labyrinthe orographique où les eaux chantent, éternellement.

Chauen

La forteresse de la ville de Xauen, d’aspect si sévère, enferme dans ses vieilles pierres du temps passé, -pierres de chansons de geste, de romancero- des jardins d’aujourd’hui, fleuris de paix.

Un lierre séculaire met une verte bordure aux murs d’ocre. Sur les cèdres géants et séculaires de Ketama, aussi beaux et aussi imposants que les cèdres sacrés du Liban qui connurent le Christ, la neige a fleuri et transformé cette émeraude pure -les montagnes du nord du Maroc- en un immense cygne blanc. C’est le Maroe paradoxal où, sur les cimes neigeuses, brûle un soleil de feu.

Souk Garsa el Kebira

C'est l’endroit des marchés et des enchères, un lieu de vacarme et de tumulte: un tableau aux couleurs vives sur lequel le treillis habituel brise les rayons du soleil qui jettent de brillants coups de pinceau sur les objets qu’ils atteignent: grands chapeaux des femmes de la campagne, jaities et tapis aux couleurs variées, cuivres, coffrets, poteries indigènes, armes et bijoux tandis que vous assourdissent les cris des vendeurs aux enchères qui répètent leurs offres d’une voix gutturale ou stridente.

Ailleurs se retrouvent des parents venus de villages éloignés et qui ne s’étaient pas vus depuis longtemps. Ils se content les nouvelles qui courent de bouche en bouche, et du Souk gagnent les environs.

Parmi la cohue et les cris de baleuk! baleuk! (attention! attention!) des muletiers, voici des yeux qui se cherchent et qui se trouvent... un rendez-vous galant. A midi tout prend fin, le tumulte fait place au calme, tout le monde part pour la prière. Des moineaux picorent quelques grains éparpillés sur le sol.

Alcazarquivir

A l’entrée d’A1cazarquivir, parmi les jardins, dans une atmosphère de paix religieuse s’élève le sanctuaire du Chelk Sidi Ali Bugaleb, 1e savant théologien et le saint miraculeux, patron de la ville, où il était venu enseigner ce qu’il avait appris en Andalousie, son pays natal. Il a multiplié après sa mort les miracles qu’il faisait pendant sa vie. C’est pourquoi, les jours de marché, vous verrez les kabyles au visage bronzé par le soleil visiter son tombeau. Ils portent au saint, dans les mains une offrande, aux lèvres une prière. De riches mosaïques d’un travail minutieux et d’une polychromie remarquable ornent les murs du sanctuaire où est enfermé le sépulcre et au-dessus de celui-ci on peut lire une inscription gravée sur bois, d’une exécution parfaite.

Dans quelque ruelle tortueuse et sombre, vous tomberez sur une de ces vieilles demeures seigneuriales, magnifique et mystérieuse comme un palais de légende, ou triomphent l’élégance et la sveltesse des arcs et la merveille des mosaïques polychromes.

Au centre du patio un bassin de marbre blanc poli, d’où jaillit une eau cristalline. Dans un coin, une plante grimpante cherche le ciel.

L’atmosphère imprégnée de la molle douceur des contes arabes nous dit la pâle princesse enchantée, qui, nonchalamment étendue sur un riche divan rêve au prince qui viendra, de 1ointains pays, étancher sa soif d’amour; et tandis qu’elle effeuille une fleur, les tendres mains des esclaves noires caressent sa chevelure.

Les habitants de la ville content comment l’artiste décorateur devint aveugle aussitôt après avoir terminé son oeuvre sans aucun doute pour que son talent ne put plus entrer au service d’un autre bienheureux.

Une ruelle étroite pavée de galets ronds. Un arc. La porte d’une mosquée; en face une jalousie. La fantaisie bondit par-dessus toutes les consignes, et s’abandonne au magnétique attrait des yeux noirs comme l’abîme et des bras doux comme la soie.

C’est une atmosphère de mystère et de paix que troublent seulement, de loin en loin, les pas des mauresques hermétiques, blanches comme des lis, qui vont ouvrant derrière elles un sillage de curiosité. Notre imagination inquiète risque un regard sur ce qui est défendu... la mosquée, le harem, l’lslam toujours mystérieux.

Un peuble pélerin traversa le détroit portant en son âme une foi vive et une grande résignation. “Nous fonderons une ville que jamais personne ne puisse découvrir”. Telle fut leur devise et à force de chercher ils trouvèrent l’Ajmás.

De l'eau! de l’eau! partout de l’eau! don du ciel dont le chant berce les peines. La joie fit tressaillir les coeurs, et les tentes furent dressées tout près des sources qui devaient plus tard alimenter d’innombrables fontaines de leur liquide béni. Xauen, coin fleuri où murmurent les eaux.

A Garsa Kebira se dresse encore, altier, le donjon de l’ancienne forteresse de Al-Mandri, du haut duquel le guetteur annonçait l’approche du vaisseau pirate.

Un guide touristique des années 30

Le Maroc espagnol, pays d’exotisme et de rêve!. Voyez ce qu’il vous offre: hôtels confortables, routes superbes, panoramas d’une incomparable beauté, services rapides et luxueux de communications, types fantastiques sortis des “Milles et une nuits”, moeurs orientales; ceci à la portée de toutes les bourses et à une heure et quart de l’Europe, via Algésiras-Ceuta.

Dans un coin, un guérisseur entouré de cornues, de dents de renard, de lézards empaillés, de cornes d’antilope, de poudres et d’herbes miraculeuses, remet à une mauresque, en un geste hiératique, la tisane qui doit guérir les maux de son corps ou de son esprit. Plus loin, un écrivain public recueille sur un morceau de papier les phrases mal coordonnées qu’une pauvre vieille lui dicte afin qu’il les fasse parvenir à son fils, que les hasards de la vie ont entraîné au loin; elle parle de la maison, lui conte ses chagrins... lui dit de venir.

Dans un autre coin, un mendiant tend la main d’un air aimable et serein. Il ne demande pas; autour de ses yeux vides flotte un inneffable sourire.

A la porte d’un bazar un arabe, endormi ou réveillé, immobile ou aux gestes paresseux. Rien ne lui importe de ce qui l’entoure. Pour lui rien ne vaut la peine d’un effort et tout doit arriver selon ce qui est écrit.

Si I'on choisit comme point de départ en Espagne le port d'Algésiras, et d'arrivée au Maroc, celui de Ceuta, on doit visiter les villes suivantes:


ALGESIRAS

Cette ville possède un service quotidien de bâteaux de la "Compañía Transmediterránea" qui font le parcours Algésiras-Ceuta en une heure et quart. Il existe aussi un service Algésiras-Tanger, mais la traversée est beaucoup plus longue et fatigante, la communication n'est pas toujours sure, les voyageurs sont transportés en barques à leur arrivée, jusqu'au débarcadère, la construction du port de Tanger n'étant pas terminée; c'est pourquoi nous conseillons, comme voie unique, celle d'Algésiras-Ceuta qui offre aussi I'avantage, pour les touristes qui voyagent avec leur automobile, de pouvoir la transporter facilement et avec économie, d'un port à l'autre. Pourtant, une fois au Maroc, le voyageur ne doit pas omettre de visiter Tanger qui possède d'excellentes conditions pour le touriste. On peut déjeûner à Algésiras à l'ancien Kursaal, transformé en Exposition des Travaux et Industries typiques du pays (8 pesetas par repas) à l'Hôtel Madrid (6 pesetas par repas) ou à l'Hôtel Anglo-Hispano (7 pesetas par repas). Il y a d'autres hôtels et des restaurants plus modestes. On peut aussi déjeûner à bord. Passage. Il convient de retenir son passage à l’Agence de la "Compañía Transmediterránea" (Paseo de la Marina) afin d'éviter le supplément de 15 % si on le prend à bord. Le bâteau part à 15 h.


CEUTA

Ceuta est une vilIe claire et riante, pleine de légendes mythologiques et d'épopées historiques: étendue sur le bord de la mer, elIe émerge des eaux comme Aphrodite. C'est à présent une vilIe espagnole, et le port du Maroc le plus proche de l'Europe. Arrivée a 16h15. Taxis: 0’40, 0’50 et 0’60 le km. Hôtels: Majestic (le plus confortable), pension complète de 17’50 à 27’50 pesetas. Déjeûner, 7 pesetas; diner, 8 pesetas. Terminus, pension complete 12’50 pesetas; déjeûner, 6 pesetas; dîner, 6 pesetas. Renseignements gratuits au Bureau du Tourisme (Palais Municipal). Visiter: le port, les dépôts de mazout, les bois de pins Hacho (belIe vue), le sanctuaire de Notre-Dame d'Afrique, la Cathédrale, construite par les portugais, les murailles de l'ancienne Ceuta, le Palais Municipal, les environs dont le panorama est splendide et pittoresque. Trajet Ceuta-Tétouan (par chemin de fer). Le train qui se dirige vers Tétouan part du débarcadère. II y a aussi des autocars qui font des voyages très fréquents et parcourent une route très pittoresque au bord de la mer. La durée du parcours: une heure et quart, 44 km. sur une route asphaltée.


TÉTOUAN

C'est la capitale de la Zone du Protectorat espagnol au Maroc, et Ia ville maure la plus intéressante de cette région; son cachet unique Ia rend très attrayante pour le touriste. On peut visiter rapidement, en un jour, ce que la ville a de plus intéressant: la ville maure, avec des coins merveilleux par leur vie et Ieur couleur locale; les mosquées, véritables joyaux d'architecture (il est défendu d'y pénétrer); les fontaines, très intéressantes; la Kasba (Alcazaba), les palais maures, I'Ecole des Arts et Métiers; le Musée Archéologique et le Foyer Musulman (Musée des Arts Indigènes); les types séduisants au plus haut degré; les anciennes prisons où furent enfermés les captifs chrétiens; le quartier juif, caractéristique et intéressant; les ateliers de travaux typiques en bois peint; les pIateaux en bronze, les étoffes de soie brodées, les vêtements et tentures, djellabas et haities en soie et en laine; les travaux en cuir repoussé et brodé, etc. On doit voir aussi le parc moderne de sports, Hipica, et les beaux environs. La sortie du Calife, se rendant à la Mosquée pour y faire ses prières, qui a lieu tous les vendredis à midi et demi, présente aussi beaucoup d'intérêt. Hôtels: Alfonso XIII, pension complète de 16’50 à 25 pesetas; déjeûner, 7 pesetas; dîner, 8 pesetas. Regina Hôtel, pension complète de 15 à 30 pesetas; déjeûner, 6 pesetas; dîner, 7 pesetas Hôtels plus modestes: Victoria, pension complète de 10 à 12 pesetas; déjeûner, 5 pesetas. Pension Bilbaina, de 9 à 12 pesetas (Pour de plus amples renseignements, s'adresser au Comité du Tourisme - Sidi Mandri, Diverses lignes de transport, avec un matériel très moderne, partent de Tétouan, et relient cette ville avec le reste de la Zone espagnole, avec Tanger, et avec la Zone française.


XAUEN

Ville intéressante, à 67 kms. de Tétouan, batie au pied d'une montagne par les arabes expulsés de Grenade. Son emplacement et ses constructions rappellent beaucoup la ville espagnole où régna Boabdil. Toute la ville est une merveille d'architecture. Deux compagnies d'automobiles assurent un service quotidien. Visiter: toute la vilIe indigène, la fabrique de tapis, et Ras el Maa.

On peut rentrer à Tétouan dans la journée ou dormir dans I'hôtellerie nouvelle de Xauen: déjeûner, 4 pesetas; dîner, 5 pesetas; chambres de 4 à 6 pesetas, Le prix d'un taxi, aller-et-retour, est de 125 pesetas environ. Renseignements gratuits à l'lnformation locale (Plaza de España).


TANGER

Il y a un service quotidien d'antocars de luxe, de Tétouan à Tanger. Départs tres fréquents. 60 kilomètres. Tanger est plutôt une ville européenne et cosmopolite qu’une ville maure, quoiqu'elle possède quartier maure. La vie et les spectacles y sont européens. Le centre actif de la vilIe est le petit zoco d'où le touriste peut s'orienter vers le grand zoco extérieur. Visiter: le Marchan ou haut plateau où sont situées de nombreuses maisons de campagne et des villas de plaisance. Villa Harris. La plage est assez belle et très frequentée en été. Le Kursaal est un lieu de réunion de la société choisie des Colonies. Le quartier de la “kasba” (Alcazaba) est la partie la plus intéressante de la ville maure. On peut se rendre en excursion au Cap Spartel et aux Grottes d'Hercule. Prix des taxis: de 1,50 à 5’20 francs (tarif municipal). Hôtels: Hôtel Continental (port), pension complète de 17’50 à 30 pesetas. Petit déjeûner, 2’50 pesetas; déjeûner, 7’50 pesetas; dîner, 10 pesetas. Chambres de 8 à 15 pesetas. Majestic Hôtel (plage), pension complète de 90 à 250 francs. Hôtel Restaurant (plage), pension complète de 90 à 250 francs. Hôtel Restaurant (zoco chico), pension complète depuis 12’50 pesetas; dîner depuis 5 pesetas. Hôtel Villa de France (zoco de afuera), pension complète de 25 à 45 pesetas. Il y a d'autres hôtels et des restaurants de diverses catégories. Tanger communique avec le reste du Maroc par le chemin de fer et par un service d'autocars de luxe et de tourisme. Le train avec wagons-lits, wagons-restaurant première, seconde, troisième et quatrième classes, se dirige vers Fès, Meknez, Rabat et Casablanca en passant par Arcila et Alcazarquivir. Il existe aussi un service d'automobiles confortables entre Tanger et Arcila, Larache, Alcazarquivir et la Zone française. Renseignements gratuits au Comité Officiel de Tourisme – Mendubia.


ARCILA

Cette ville intéressante et pittoresque conserve encore des vestiges de l'occupation portugaise. Visiter: les murailles, la plage et les palais du Raisuni. Renseignements gratuits à l'Intervention locale.


SUAXED

A 6 km. de Zoco el Tenin de Sidi Yamani, et à 11 km. du km. 66 de la route de Tanger-Fès; cette ville possède une station néolithique très intéressante (dolmens, menhirs, dépôts de silex). Pour aller de Zoco el Tenin à Suaxed (Mzora) il faut louer des chevaux.


LARACHE

La légende mythologique place Larache au lieu qu'occupait le Jardin des Hespérides. Quatre kilomètres avant d'arriver à cette ville on trouve les ruines romaines de l'ancienne villa de Lixus. Visiter: les murailles et les forteresses espagnoles du Moyen-Age, la ferme et le vivier forestier; la ville indigène; les ruines de Lixus; le nouveau marché. Hôtels: España, situé sur la Place d'España, pension complète de 15 à 25 pesetas; déjeûner, 5 pesetas; dîner, 5 pesetas; petit déjeûner, 1’50 pesetas. Il y a d'autres hôtels plus modestes. Prix des taxis: de 1’50 à 3 pesetas la course. Il existe un service quotidien d'autocars de la C.T.M. à la Zone française. Chemin de fer Larache-Alcazar où se trouve la ligne Tanger-Fès. Renseignements gratuits à I'Intervention locale.


ALCAZARQUIVIR

Située à 30 kilomètres de Larache avec laquelle elle communique par une route magnifique et par le chemin de fer cité plus haut, cette ville possède un cachet essentiellement marocain. Les maures affluent tous les dimanches au marché ou souk (zoco). La visite de la ville est très intéressante. Hôtel Real (fermé en été), de 17’50 à 22’50 pesetas pension complète; déjeûner, 7 pesetas; dîner, 7 pesetas. Renseignements gratuits à l'Intervention locale. Si le voyage se limite à la zone espagnole, on peut faire une belle excursion, excepté à l'époque des grandes pluies, en partant de Tétuan par la route de Xauen pour traverser tout le Rif sur une piste qui passe par des régions très pittoresques. Cette route, tracée en partie à une grande altitude, parcourt des bois de cèdres millénaires, des vallons très fertiles, des régions de neiges perpétuelles, pour descendre vers la belle et productive vallée d'Axdir et la baie d'Alhucemas. Cette excursion peut être complétée par celle de Villa Sanjurjo à Melilla, ville qui renferme des curiosités anciennes et d'où partent journellement des bâteaux pour Malaga. On ferme, ainsi, le circuit Andalousie-Ie Maroc. Il y a aussi un service régulier d'autocars Tétouan-Villa Sanjurjo et Villa Sanjurjo-Melilla.


VILLA SANJURJO

Hôtel España, Restaurant Patria. Prix des taxis: 0’80 et 1 peseta par kilomètre. Autocars à Melilla et à Targuist. Excursion à Tizi Ifri et au Rif central, sites excellents pour le "camping". Renseignements gratuits à l'Intervention locale.


MELlLLA

Fondée par les Phéniciens, cette ville fut construite par les Omeyas andalous, qui l'entourèrent de murailles. Pedro de Estopiñan la conquit pour l’Espagne en 1490. C'est actuellement une ville moderne. Visiter: la vieille cité avec ses murailles et ses portes. Dans la vilIe neuve le "Parque Hernandez", les rues, le port, l’embarcadère de minéral et la Ferme agricole. Excursions intéressantes. Hôtels: Hôtel Reina Victoria, pension de 12’50 à 25 pesetas, le petit déjeûner non compris. Chambres sans pension de 5 à 14’50 pesetas. Hôtel España, pension complète de 9 à 13 pesetas. Hôtel Fornos, pension complète de 10 a 12 pesetas. Hôtel La Perla, pension de 10 à 12 pesetas. Il y a encore d'autres hôteIs plus modestes. Renseignements gratuits au Comité Municipal. Diverses lignes de communication avec un matériel moderne relient Melilla à VilIa Sanjurjo et avec le reste de la Zone espagnole et Ia Zone française.


PROTECTORAT FRANÇAIS

Il existe aussi dans la Zone française du Protectorat, des villes qui méritent d'être visitées par les touristes désireux de jouir de la nouveauté du paysage et du milieu oriental.

L'excursion à Fès est intéressante: reliée à Tanger par le chemin de fer; à la Zone espagnole et au reste de l'empire par une route magnifique, Fès est le point de départ de belles excursions.


MEKNEZ

Meknez est une ville très intéressante aussi; on peut visiter les ruines de la cité romaine de Volubilis et la viIIe typique de Muley Idris qui n'en sont pas éloignées, ainsi que la forêt de Mamara et Azrou a proximité d'un bois de cèdres.


RABAT

Résidence actuelle du Sultan et du Résident-Général de France, est centre administratif du protectorat français.


CASABLANCA

Ville moderne où s'est manifestée au plus haut degré l'énergie colonisatrice de la France, possède un port magnifique et de grands éléments de progrès.


OUAZZANE

Ville tres pittoresque.


MARRAKECH

A 241 km. de Casablanca, est reliée a celle-ci par le chemin de fer et par une route magnifique. Cette viIIe, qui marque la transition entre le Maroc et le Soudan, possède un cachet singulier. On y trouve aussi un emplacement pour tous les sports et même pour le golf. Marrakech est un centre d'excursions tres intéressantes vers l' Atlas, Mogador, Safi et Mazagan. Si le touriste s'est décidé à visiter la Zone française, il peut rentrer par la Zone espagnole et s'embarquer à Ceuta ou à Melilla.


AUTRES INDICATIONS INTERESSANTES

PASSEPORTS

Pour entrer au Maroc, on doit être muni d'un passeport marqué d’un visa par l'autorité compétente, excepté au cas où, par réciprocité, on est dispensé de cette formule.

Transports d’automobiles: le tarif spécial pour le transport des automobiles sur les bâteaux de la "Compañia Transmediterranea" ou voyagent leurs propriétaires est le suivant:

Algésiras-Ceuta ou vice-versa: Jusqu'à 4m.50 de longueur, 60 pesetas. De plus de 4m.50 de longueur,100 pesetas. Aller et retour avec une réduction spéciale. Embarquement ou débarquement, 15 pesetas. Almeríá Melilla-Málaga ou vice-versa: Jusqu'à 3m.50 de longueur, 75 pesetas. Jusqu'à 4m, 100 pesetas. Jusqu'à 4m.50, 125 pesetas. Jusqu'à 5 m, 150 pesetas. De plus de 5 m. de longueur, 200 pesetas. L'aller et retour, valable pour 90 jours, bénéficie de 20%. Le prix d’embarquement et de débarquement est de 25 à 30 pesetas. Les automobiles pourvues d'un triptique ne sont pas obligées de déposer la garantie équivalente aux droits de douane qui est exigée de celles qui ne l'ont pas. Les propriétaires de ces dernières devront remettre la quantité correspondante ou la lettre de garantie d'une banque, qu'ils reprendront lorsque l'automobile sera de retour à son point de départ. Les propriétaires d'automobiles peuvent s'arranger directement avec la douane sans avoir recours à l'intervention des agents, et ils réaliseront ainsi une importante économie.


PLAN DE SYNTHESE D'UN VOYAGE AU MAROC

Protectorat espagnol - Région occidentale

On peut seulement prendre l'autocar, ou l'autocar combiné avec le train. Première journée. - Algésiras-Ceuta. Après-midi, visite de Ceuta. On peut dormir à Ceuta ou à Tétouan.

Deuxième journée. Visite de Tétouan et de ses environs.

Troisième journée. Excursion d'aller et retour dans la journée à Xauen en passant la nuit a Tétouan.

Quatrième journée. Départ pour Larache où l’on déjeûne. Visite de la ville. L'après-midi départ pour Alcazarquivir où l'on passe la nuit.

Cinquième journée. Le matin visiter l'Alcalzar où l’on déjeûne. Départ pour Arcila et Tanger. On dîne et on dor dans cette dernière vilIe.

Sixième journée. Visite de Tanger où l'on dîne. Le soir départ pour Tétouan ou directement pour Ceuta.

Septième journée. Embarquement pour Algésiras. Les personnes voyageant en automobile doivent faire le parcours Tétouan-Larache, le quatrième jour, par la piste Dar Xaui Campamento del Tenin; elles économiseront ainsi 41 kilomètres.


PROTECTORAT ESPAGNOL-REGION OCCIDENTALE ET FÈS

L'itinéraire des quatre premiers jours est le même que ci-dessus.

Cinquième journée. Le matin visite d'Alcazarquivir. A midi on prend le train pour Fès où l’on dîne et l’on couche.

Sixième journée. Visite de Fès. Le soir on prend le train (W. L. 1e., 2e.,3e. et 4e. classes) pour Arcila ou directement pour Tanger.

Septième journée. Si l'on s'arrête à Arcila, visiter le Palais du Raisuni, les murailles et la plage. Ou poursuivre le voyage en autocar vers Tanger où l'on dinera et passera la nuit.

Huitième journée. Visite de Tanger. L'après-midi, départ pour Tétouan et Ceuta. Neuvième journée. Embarquement à Ceuta pour AIgésiras.


PROTECTORAT ESPAGNOL - REGlON OCCIDENTALE ET ZONE FRANÇAlSE (Fès, Meknez, Rabat et Casablanca)

L'itinéraire des cinq premiers jours comme ci-dessus.

Sixième journée. Visite de Fès. L'après-midi ou le soir départ pour Meknez où l'on passera la nuit.

Septième journée. Visite de Meknez d'où l'on peut aller et revenir dans la journée à Volubilis et Muley Idris. Le soir on prend le train (W. L. 1e., 2e., 3e. et 4e. classes) pour Casablanca.

Huitième journée. Arrivée à Casablanca. Visite de la ville.

Nuevième journée. Départ pour Rabat. Visite de la ville.

Dixième journée. Départ pour Tanger par le train ou autocar, pouvant s'arrêter à Arcila en suivant l'itinéraire précédent pour le septième jour.

Onzième journée. Visite de Tanger. L'après-midi départ en autocar pour Tétouan ou Ceuta.

Douzième journée. Embarquement à Ceuta pour Algésiras. Si l’on désire visiter Marrakech, il est possible de le faire par le chemin de fer ou en autocar en partant de Casablanca; il faut trois jours pour cette excursion.


ZONES ESPAGNOLE ET FRANÇAISE DU PROTECTORAT

Premième journée. Arrivée à Malaga; le soir, départ pour Melilla.

Deuxième journée. Melilla et ses environs.

Troisième journée. Melilla, Uxda, Taza, Fès (en autocar).

Quatrième journée. Fès.

Cinquième journée. Fès, Mekinez (Volubilis et Muley Idris).

Sixième journée. Mekinez et Casablanca.

Septième journée. Casablanca et Rabat.

Huitième journée. Rabat, Alcazarquivir, par le train ou l'autocar.

Neuvième journée. Alcazarquivir-Larache-Arcila-Tanger (en autocar). Cette journée est un peu trop chargée si l’on désire s'arrêter à Arcila.

Dixième journée. Tanger.

Onzième journée. Tétouan.

Douzième journée. Xauen.

Treizième journée. Ceuta.

Quatorzième journée. Ceuta-Algésiras.

On peut se rendre à Marrakech, si l'on désire visiter cette ville, par le train ou par autocar, en partant de Casablanca ; il faut compter trois jours pour cette excursion.

On peut réaliser ce dernier itinéraire en sens contraire, en entrant par Ceuta et en terminant par Melilla. Sur le parcours des routes de la zone espagnole, on trouve, tous les 5 kilomètres, des pavillons avec le téléphone pour communiquer avec les villes en cas d'accident ou de panne; également, une petite pharmacie d'urgence.

Quant aux excursions  où la visite de Fès est comprise, il faut éviter de se rendre dans cette viIIe en plein été, non seulement à cause des grandes chaleurs du Maroc, a partir d'Alcazar vers le midi, mais aussi parce que les principaux hôtels sont fermés à cette époque. Si le moment est propice, on peut traverser le Rif, ce qui prend de 11 à 12 heures en automobile de Tétouan à Villa Sanjurjo, et moins de quatre heures de ViIIa Sanjurjo à MelilIa; on peut s'arrêter à Xauen et à Villa Sanjurjo.

Ces itinéraires n'indiquent que le temps absolument indispensable pour une visite très rapide. C'est pourquoi nous conseillons au voyageur désireux de jouir des beautés que le Maroc renferme, aussi bien que pour sa commodité personnelle, de proIonger son séjour dans chacune des villes pour les visiter à loisir. L'énumération de tout ce qui est remarquable au Maroc est assez longue, mais on ne saurait décrire le charme spécial que dégage cette contrée; le moindre coin du pays a un attrait spécial pour le touriste qui se sent attiré et charmé par la couleur locale des êtres et des lieux. Tout le monde doit connaître le Maroc; c'est l'Orient exotique et mystérieux, à une heure et quart de l'Europe, via Algésiras-Ceuta.